Tarahoi se prononce contre la destruction de drogue en mer
Tahiti le 21 septembre 2026. Pas moins de trois résolutions seront proposées à l’assemblée de la Polynésie française ce jeudi. La première, déjà évoquée ce lundi, propose la mise en œuvre effective du processus d’autodétermination de la Polynésie française sous l’égide des Nations Unies, la seconde vise à assurer la prise en charge intégrale par l’État français des victimes des expérimentations nucléaires françaises conduites en Polynésie française et une dernière condamne l’utilisation de l’océan Pacifique comme zone de dilution et d'élimination de stupéfiants saisis dans le cadre des opérations de lutte contre le narcotrafic. Trois résolutions pour une séance qui s’annonce déjà chargée ce jeudi à Tarahoi. L’ordre du jour de la deuxième séance de la session budgétaire a été adopté ce lundi par les groupes représentés. Au menu, la création d’une commission spéciale de contrôle financier qui sera prochainement suivie d’une proposition de loi pour compléter ses attributions qui sera étudiée vendredi en commission législative. Surtout, trois résolutions ont été déposées. La première a déjà beaucoup fait parler d’elle. Les groupes politiques à l’assemblée de la Polynésie française se sont déjà entendus sur le dépôt de cette résolution relative à la mise en œuvre effective du processus d’autodétermination de la Polynésie française sous l’égide des Nations Unies. Un texte porté par les trois groupes Tavini, A ti’a Porinetia et Tapura, mais sur lequel les représentants non-inscrits, membres du A here ia Porinetia, pourraient apporter des amendements. Selon nos informations, Ahip voit d’un mauvais œil que les discussions sur l’autodétermination de la Polynésie française se fasse, après la visite d’une mission duC24, sous l’égide de l’ONU, et non en tête à tête avec l’Etat. Le Tavini veut SA résolution sur le nucléaire Sortis du débat autonomie/indépendance, les élus du Tavini présenteront par la suite une seconde résolution "visant à assurer la prise en charge intégrale par l’État français des victimes des expérimentations nucléaires françaises conduites en Polynésie française." Un acte qui vient en doublons de l’opération déjà menée par Mereana Reid-Arbelot à l’Assemblée nationale. En effet, cette dernière a déjà fait une "proposition de loi visant à reconnaître les victimes de l'exposition aux essais nucléaires français et à améliorer leur indemnisation" qui prévoit des mécanismes permettant à la CPS de demander à l'État le remboursement des frais engagés pour la prise en charge et le soin des pathologies radio-induites des personnes concernées. Son projet de loi a déjà été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat et doit être adopté en seconde lecture à Paris. Mais qu’à cela ne tienne. Le Tavini veut une résolution sur la même chose, estampillée bleu ciel, demandant à l’Etat de "consacrer un régime d’indemnisation plus inclusif et au profit de l’ensemble des victimes" , "de prendre en charge l’intégralité des consultations médicales, des traitements et des suivis médicalisés que nécessitent les pathologies radio-induites en Polynésie française" et de "rembourser en totalité les dépenses de santé engagées par la Caisse de prévoyance sociale au titre des pathologies précitées." Votée ou pas, cette résolution finira aux oubliettes, barrée par la procédure en cours à l’Assemblée nationale. Pas de drogue pour les poissons Une dernière résolution sera étudiée pour condamner l’utilisation de l’océan Pacifique comme zone de dilution et d'élimination de stupéfiants saisis dans le cadre des opérations de lutte contre le narcotrafic. Le texte est né de la communication faite par les forces armées en Polynésie française de prises de 4,8 tonnes de drogue au large le 16 janvier et de 4,24 tonnes le 29 janvier, toutes deux "détruites en mer" . "La lutte contre le narcotrafic, aussi nécessaire soit-elle, ne peut justifier que l’océan Pacifique soit utilisé comme lieu d’élimination ou comme exutoire pour la destruction de substances stupéfiantes saisies en mer" , explique l’exposé des motifs de la résolution déposée par Hinamoeura Morgant, Mitema Tapati et Pascale Haiti-Flosse. Même si l’Etat avait expliqué que les destructions avaient été réalisées, hors de la zone économique exclusive, hors de toute zone de pêche, hors de toute aire marine protégée et à plusieurs centaines de kilomètres des premières côtes polynésiennes, les élus ne se satisfont pas de ce type de destructions engagées en haute mer. "L’océan n’est pas un espace vide. Il n’est pas un lieu neutre où l’on pourrait faire disparaître ce que l’on ne souhaite pas ramener à terre" , expliquent les élus. "L’absence de preuve immédiate d’un dommage environnemental ne peut être considérée comme une garantie suffisante." Aussi, ce jeudi, l’assemblée de la Polynésie française devra voter pour condamner ce genre de procédé et demander à l’Etat de "renoncer à toute méthode de destruction de stupéfiants reposant sur le rejet ou la dilution directe en milieu marin, tant qu’aucune expertise environnementale indépendante, contradictoire et rendue publique n’aura démontré l’absence de risque pour les écosystèmes concernés" , invitant l’armée à trouver "des méthodes alternatives" . Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
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