Violée durant son sommeil chez elle à Papara
Tahiti, le 30 septembre 2026 - Accusé du viol d’une mère de 56 ans, commis à son domicile de Papara dans la nuit du 6 au 7 septembre 2024, un homme de 23 ans comparaît devant la cour d’assises. La victime affirme avoir été réveillée par des mains qui la retenaient et des doigts dans son sexe. Face aux experts, l’accusé reconnaît les faits mais affirme ne pas savoir ce qui lui est arrivé cette nuit-là. Au premier jour du procès, les débats se sont notamment concentrés sur sa personnalité et le risque de récidive. “Ce qu’il s’est passé cette nuit-là était inacceptable, on n’avait pas le droit de me faire ça.” Aux assises, ce mercredi, s’est ouvert le procès d’un homme aujourd’hui âgé de 23 ans, accusé d’avoir violé une femme à Papara dans la nuit du 6 au 7 septembre 2024. Placé en détention provisoire depuis la fin de cette même année, le jeune homme est accusé d’avoir agressé cette mère de famille alors qu’elle dormait, son mari étant absent du domicile ce soir-là. Selon les déclarations de la victime, âgée de 56 ans, l’accusé a introduit ses doigts dans son sexe avant de lui maintenir les épaules pour l’empêcher de se débattre. Ses cris auraient finalement fait fuir le jeune homme. Il faudra toutefois attendre trois mois avant son interpellation. La victime n’avait pas pu voir son visage, se souvenant seulement d’un “sweat à capuche gris”. C’est finalement une trace ADN relevée sur une chaise, près de la fenêtre par laquelle l’homme serait entré, qui a permis de l’identifier. Les gendarmes de Papara disposaient déjà de ses empreintes, le jeune homme ayant été impliqué dans une affaire de stupéfiants. Lors des perquisitions à son domicile, ce fameux sweat a alors été retrouvé. À la barre, la mère de famille explique que cette agression a bouleversé son quotidien. Elle n’a notamment pas été en mesure de poursuivre une formation de masseuse qu’elle avait commencée au moment des faits. “Je suis là aujourd’hui” pour que “par ce procès, les choses ne puissent plus se reproduire”, explique-t-elle. Avant d’ajouter : “Je ne veux pas que cette personne soit capable de recommencer.” Des versions qui évoluent au fil des auditions Dans ses premières déclarations, l’accusé a donné plusieurs explications concernant sa présence au domicile de la victime. Il affirme avoir été “mis à la porte” le soir des faits par sa conjointe et ses beaux-parents, chez qui il logeait. Après une violente dispute, il serait parti à la plage et aurait consommé “deux bouteilles et demie d’alcool”. Il dit s’être ensuite endormi avant de se réveiller vers 3 heures du matin. C’est à ce moment-là qu’il aurait aperçu la maison de la victime et cherché un moyen d’y entrer. Après en avoir fait le tour, il serait passé par une fenêtre restée ouverte. Selon la mère de famille, elle a été réveillée “en pleine nuit par des mains froides et des doigts dans son sexe”. L’homme lui aurait alors chuchoté : “Chut, c’est moi.” Interrogé sur les raisons de son intrusion, l’accusé a d’abord expliqué qu’il était entré parce qu’ “il avait envie de faire l’amour”, avant d’évoquer un cambriolage. Puis, lors de son expertise psychologique, il a expliqué être entré dans la maison pour “trouver une corde pour se suicider”, après les tensions avec sa famille. La piste du cambriolage a rapidement été écartée par les enquêteurs : une télévision, des enceintes et un téléphone portable se trouvaient notamment à proximité de la fenêtre. Interrogé sur les faits, l’accusé ne les conteste pas mais affirme “ne pas savoir ce qu’il faisait” à ce moment-là. En visioconférence, la psychologue clinicienne décrit un homme dont “l’image de lui-même s’est détériorée”, mais qui ne présente “pas d’éléments psychotiques” et n’est “pas quelqu’un de délirant”. Son rapport à la réalité est adapté et il ne relève “pas de troubles pervers”. Au cours des entretiens, le jeune homme a pleuré à plusieurs reprises, notamment en évoquant sa compagne, son fils et les faits qui lui sont reprochés. Avant ceux-ci, il menait, à 21 ans, “une vie de couple stable” et avait un emploi stable. La psychologue confirme également qu’il reconnaît les faits et “en est honteux”. Selon elle, il aurait pu parler à la victime “comme s’il s’agissait de sa compagne”, dans une tentative de “renouer un lien amoureux”. Les raisons de son passage à l’acte “ne semblaient pas clairement identifiables pour lui”. L’experte décrit ainsi “un jeune homme en souffrance”, marqué notamment par “un sentiment de honte” lié aux faits et à la perception qu’il a de ses capacités intellectuelles. Elle relève toutefois “des éléments favorables à la réinsertion” et estime qu’il ne présente pas de “caractère violent”. La question de la récidive Une analyse que vient nuancer M e Isabelle Nougaro, avocate de la partie civile. La pénaliste rappelle plusieurs épisodes de violence, notamment une bagarre à la prison de Nuutania. Elle évoque également les déclarations de la compagne de l’accusé, qui affirme avoir elle-même été victime de violences conjugales. M e Nougaro revient surtout sur les gestes décrits par la victime : “ Il lui a maintenu les épaules avec force”, souligne-t-elle, rappelant que la quinquagénaire “ a dû se débattre et crier”. Avant de lancer : “Entre ce qu’il présente et ce que vous indiquez, je note des éléments de violence.” La défense, représentée par M e Chloé Atlan, insiste de son côté sur les possibilités de réinsertion. “S’il a un bon cadre, une bonne influence, un bon suivi judiciaire, c’est quelqu’un qui pourrait s’en sortir ?”, demande-t-elle à la psychologue. “Je pense qu’il n’a pas de critères à haut risque de récidive”, répond l’experte. C’est ce que devra déterminer le tribunal quand il entrera en voie de condamnation ce jeudi. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti
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