Fête de la science : 800 élèves à la présidence pour lancer les “saveurs savantes”
Tahiti, le 2 octobre 2026 - Premier jour et premier test de goût. Ce vendredi, le village des sciences entame à la présidence les 15 jours de la 35e Fête de la science. Plus de 800 élèves de Tahiti et Moorea étaient présents dès le matin. Sur le site de la présidence, à Papeete, la Fête de la science c’est 24 stands, tenus par des acteurs académiques et des associations. Pour les scolaires c’est l’occasion de découvrir la science par l'assiette : dégustation d'algues, chaîne alimentaire des animaux marins, casques de réalité virtuelle. C'est tout l'esprit de l'événement, que résume Julie Petit, coordinatrice du projet Nārama, dont la Fête de la science fait partie : “L'objectif, c'est de partager, de se questionner, de découvrir.” Ce projet de médiation scientifique et culturelle veut montrer aux scolaires que “la science, ce n'est pas que dans les laboratoires, c'est aussi dans notre environnement, dans notre assiette”. Le message passe donc d'abord par les sens, et c'est ce qu'a choisi de travailler l'Écomusée Te Fare Natura, présent chaque année et capable, selon sa directrice Hélène Durand, de “s'adapter aux différentes thématiques” et de produire “des supports de médiation et de sensibilisation pour le grand public”. Cette année, les enfants y apprennent que la saveur passe par les cinq sens, “avec bien sûr une prédominance du goût et de l'odorat”. Ils sentent donc de petites boules d'odeurs et replacent des cartes pour les identifier, ce qui leur révèle qu'une odeur paraît moins forte quand elle en suit une autre. “Ils sont acteurs de leur apprentissage”, se réjouit-elle. Les savoirs traditionnels… C'est là qu'arrivent les cinq goûts : salé, sucré, acide, amer et umami, ce goût lié au glutamate qui surprend toujours. “Souvent, ils sont assez surpris : mais c'est quoi ce goût ?”, sourit la directrice, qui rappelle que ces cinq goûts sont reconnus à l'international, “scientifiquement, par rapport à la captation des papilles”, et que “le reste, ce sont des variations”. L'Écomusée remonte ensuite “de la nature à l'assiette”, du séchage au four tahitien en passant par la cuisson à l'étouffée, pour expliquer l'origine de ce que l'on mange. Cette entrée par la culture est voulue : “On n'oppose pas les savoirs académiques et les savoirs traditionnels”, insiste Julie Petit, car la Tahiti Historical Society, présente au village, y parle de l'alimentation traditionnelle. C'est aussi un défi pour les doctorants du laboratoire Écopole, qui partiront en tournée : “expliquer simplement”, sans en avoir l’habitude. Très attrayant pour les petits comme les grands. Un peu plus loin, Fa'atura te tahatai, l’association de protection du littoral, avec l’OFB de Polynésie présentent un jeu inspiré du Mille bornes dans lequel il faut restaurer une plage en se familiarisant avec les espèces végétales indigènes pour contrer différentes menaces. La fête continue hors du village. Dès samedi, des journées portes sont organisées dans les organismes de recherche (Ifremer, Criobe, UPF, Météo-France) et des associations. Mardi soir, l’ambassadrice de cette fête de la science 2026, Lovaina Rochette, donne à l'université une conférence sur le four tahitien, avant le rendez-vous du cycle “Savoirs pour tous” du jeudi 8 octobre : alimentation d'autrefois, algues, ressources marines. Pour la deuxième semaine de cette manifestation, chercheurs et associations partent à la rencontre des élèves des archipels, car, comme le rappelle la coordinatrice, la Fête de la science “ce n'est pas que Tahiti et Moorea”. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti