Toujours pas d’accord à la santé

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Health sector workers in Tahiti remain on strike after a week of protests. The government offered a monthly bonus of 18,000 francs for all healthcare staff. Hospital doctors were offered an additional monthly benefit of 116,000 francs. Unions rejected these offers, claiming the funds for these bonuses were taken from the status of doctors and nurses. They argue only 400 million remains for other parts of the reform. Union representatives met with the presidency on Monday evening following strike notices.

Tahiti, le 27 octobre 2026 – Aucun accord n’a été trouvé dans le secteur de la santé, en grève depuis une semaine, même si le gouvernement a proposé une prime mensuelle de 18 000 francs pour tout le personnel soignant et “un avantage de 116 000 francs par mois” pour les médecins hospitaliers. Les syndicats regrettent que l’argent dédié à la prime soit “ retranché sur le statut des médecins et des infirmiers” et qu’il ne reste finalement “plus que 400 millions pour le reste de la réforme”. Le Pays a reçu l’intersyndicale CSTP-FO et A ti’a i mua à la présidence, lundi en début de soirée, suite aux préavis de grève déposés dans le secteur de la santé publique du Fenua. Des préavis qui listaient dix grands points de revendication parmi lesquels le rattrapage du pouvoir d’achat perdu, la réforme du statut des patriciens hospitaliers pour une application en 2027 ou encore les besoins en personnel Revalorisation salariale de 18 000 francs : oui mais… Pour le premier point, l’intersyndicale a proposé une augmentation de 5,5 % des salaires des agents du secteur de la santé publique afin qu’ils “ puissent retrouver le pouvoir d'achat avant la Covid” . Cette revalorisation salariale équivaut à 14 480 francs, précise le patron de la CSTP-FO, Patrick Galenon. Le Pays est allé plus loin en leur proposant une augmentation à hauteur de 18 000 francs, soit 3 500 francs de plus que ce qui a été demandé par les syndicats. Mais pour le syndicaliste, les calculs ne sont pas bons. En octroyant 18 000 francs à tout le monde, le gouvernement “retranchait cet argent-là sur le statut des médecins et des infirmiers. Évidemment, on n'a pas été d'accord” . Patrick Galenon souligne que ce qui est important, c’est “de faire en sorte que l'ensemble de la santé puisse être restructuré, réformé, pour qu'ils soient mieux considérés” . Il ajoute que le Pays a estimé cette réforme à 1,5 milliard de francs. “Si on donne à chaque agent 18 000 francs, ça représente 1,100 milliard de francs. Il ne reste donc plus que 400 millions pour le reste de la réforme. Ça me paraît très peu”, dit-il. Pour le syndicaliste, “il en faut un peu plus” pour réformer le système de santé. Il rappelle que le coût de la santé au Fenua approche les 100 milliards de francs et que notre PIB est de 729 milliards de francs. “Il faut faire des comparaisons avec la France pour savoir combien de pourcentage elle prend sur le PIB .” Selon les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques, la dépense courante de santé en France a représenté 11,4 % du PIB en 2024. Cela concerne les consultations, les médicaments et les soins collectifs comme la prévention ou la santé publique et exclut les dépenses d’investissement. “ L'État doit nous rembourser ce qu’il nous doit” Le patron de la CSTP-FO rappelle que “nous avons des maladies radio-induites que l'État doit nous rembourser. On dirait qu'on a oblitéré cet aspect-là.” Il considère que le Pays doit faire en sorte que “les agents puissent être mieux considérés” . Et il n’y a qu’une solution, “l'État doit nous rembourser ce qu’il nous doit, ainsi le Pays ne supportera plus tout cela”, dit-il. Ce dernier indique que sa seule préoccupation, “c’est le malade”, raison pour laquelle, dit-il, “je me bats pour aller chercher ce que nous doit l'État, il a une responsabilité dans cette situation (…). Cela fait partie de l'histoire de notre pays et l'histoire, on la subit” . Pour lui, pour que la prise en charge des malades soit meilleure, cela passe par “une réforme de la santé pour que les agents de la santé puissent être mieux considérés, et surtout par des améliorations des conditions de pratique du métier, cela ne passe pas forcément par des améliorations des salaires”. Il demande qu’il y ait des médecins dans les îles, et lorsqu’ils sont “absents, il faut les remplacer. C'est toute cette machine qu'il faut qu'on revoie et qu'on remette en marche” . Et alors que la Fédération des interprofessionnels des services de la santé et de l’administration en Polynésie (Fissap) a elle aussi déposé un préavis de grève ce lundi, le patron de la CSTP-FO regrette que la Fissap “ne comprenne pas que le point crucial, ce sont les malades, avant tout. Et je sais combien la santé coûte cher à la Polynésie” . Il précise d’ailleurs que la Fissap a décliné leur invitation relative à la manifestation de lundi. “J’ai compris que quelque part, ils veulent survivre” . Le syndicaliste assure que le combat reste l’accès aux soins pour tous les Polynésiens et pas du tout “opposer les médecins aux brancardiers ou aux auxiliaires de soins, c'est une bataille inutile et nuisible au problème réel qui est de soigner les malades (…). On parle de perte de chances, ça veut dire des pertes de vies.” Rappelons que l’intersyndicale doit rencontrer les présidents des groupes politiques de l’assemblée ce jeudi. Et Patrick Galenon espère bien évidemment que les élus de Tarahoi abondent dans leur sens : “Je prie le bon Dieu pour ça. Après, c'est le problème du gouvernement, et l'exécutif, normalement, doit exécuter. Maintenant, s’il n'exécute pas, c'est un peu dommage” . Le syndicaliste a bien l’intention de “persuader” les élus de l’assemblée de la “nécessité que les Polynésiens puissent se faire soigner comme il faut, que les îles ne soient pas délaissées et que la réforme de la santé soit une réforme profonde qui comprend l'ensemble du personnel de santé, du brancardier au médecin” . “Un avantage de 116 000 francs par mois” pour les médecins hospitaliers Dans un communiqué, le gouvernement Brotherson précise avoir proposé à la CSTP-FO et A ti’a i mua une “prime mensuelle” pour près de 3 800 agents de la santé et “des mesures ciblées pour les praticiens” lors de leur rencontre à la présidence, lundi soir. Le gouvernement rappelle que la première proposition, à savoir les deux augmentations de 15 % en 2027 puis en 2028 pour les praticiens hospitaliers, se chiffrait à hauteur de 1,5 milliard de francs. Il estime donc que “la prime mensuelle” permet de maintenir les acquis de la réforme des praticiens hospitaliers “sans créer de fracture avec les autres agents de la santé” . Il souligne que “l’effort financier” est partagé entre l’ensemble du personnel œuvrant dans la santé. Ainsi, une prime mensuelle en 2027 est proposée pour tout le personnel soignant et non soignant du CHPF de Taaone, de l’Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale (Arass), de la Direction de la santé et du Fare Tama Hau, ce qui représente 3 800 personnes. Il est également question de la “revalorisation” des gardes et des heures supplémentaires des praticiens hospitaliers. D’ailleurs, “une partie de ce temps devra désormais être récupérée afin de préserver les équipes” . Et enfin, le Pays précise qu’il va maintenir pour les praticiens “les avancées déjà validées” comme les mesures non financières ou du régime indemnitaire. Le Pays précise que cette enveloppe représente “un avantage d’environ 116 000 francs” pour chaque médecin hospitalier par mois. “Une vraie reconnaissance des difficultés rencontrées par les personnels” Dans un communiqué, A ti'a i mua et le S yndicat des praticiens publics de Polynésie française ont pris “acte” de la prime mensuelle à hauteur de 18 000 francs pour tout le personnel soignant de la santé publique puisqu’elle répond à leur première revendication qui était de rattraper la perte du pouvoir d’achat des agents de la fonction publique. L’intersyndicale regrette par contre que les infirmiers diplômés d’État n’aient eu aucune réponse concernant “leur reprise d’ancienneté” après qu’ils sont passés en catégorie A. Les syndicats rappellent également que les revendications relatives au statut des praticiens (médecins, chirurgiens-dentistes, pharmacien s) et de l’Arass “n’ont pas non plus reçu de réponse à la hauteur des besoins exprimés. À ce stade, aucune mesure retenue ne répond à l’enjeu d’attractivité médicale, pourtant au cœur du mouvement”. Ces derniers reconnaissent par contre “les avancées obtenues” mais les principales revendications demeurent “sans réponse satisfaisante” . L’intersyndicale va donc consulter sa base avant d’arrêter une position sur la suite à donner au mouvement. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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