Souveraineté alimentaire : le Cesec veut des moyens à hauteur des ambitions du Pays

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The Cesec recently adopted a report titled Produce, transform and consume local in French Polynesia with 40 votes in favor. While the country claims progress in consuming local goods, the Cesec noted the local food coverage rate is currently only 25 percent. The government has made efforts to promote local consumption in canteens through the Tavivat project. This initiative is led by the Direction of Agriculture to increase the production of local food products.

Tahiti, le 5 novembre 2026 - Le Pays se dit sur la bonne voie pour consommer local. Le Cesec, lui, rappelle que le taux de couverture alimentaire locale n’est aujourd’hui que de 25 %. Réuni en assemblée plénière ce jeudi, il a alors adopté un rapport d’autosaisine “Produire, transformer et consommer local en Polynésie française” par 40 voix pour et aucune voix contre. Le Pays fait de gros efforts pour favoriser la consommation locale, notamment dans les cantines en lien avec le projet Tavivat , porté par la Direction de l’agriculture et qui vise à développer la production et la consommation de produits vivriers locaux. C’est dans ce contexte que le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) s’est penché, ce jeudi, sur une autosaisine intitulée “Produire, transformer et consommer local en Polynésie française”. Un conseiller n’était pourtant pas très convaincu du lancement du programme agroécologique destiné à renforcer la production locale : “On avait demandé aux cantines de mettre des plats avec des produits locaux, mais ça pose déjà des problèmes”, s’est-il désolé. “La surface agricole utile est passée d’environ 18 000 hectares en 1995 à près de 3 550 hectares en 2026.” Or “il faudrait 80 000 hectares cultivés pour être autosuffisant”. Voilà deux chiffres qui parlent d’eux-mêmes inscrits noir sur blanc dans le rapport de l’autosaisine. Ce dernier en conclut que l’autosuffisance agricole n’est pas possible avec les habitudes actuelles. Il fait donc de la protection des terres une priorité et soutient la création de zones agricoles protégées. “L’indivision touche environ 60 % des terrains. Plus de 1 200 hectares aménagés restent sous-exploités”, rappelle également l’autosaisine. Pour un des rapporteurs, “la centralisation du foncier est un point essentiel de la souveraineté alimentaire”. L’une des autres recommandations les plus citées dans les débats est la création “sans attendre” du statut de l’agriculteur, avec un salaire minimum agricole garanti. Car l’enjeu est bien là : “Sur 5 000 ouvriers agricoles, seuls 500 seraient déclarés, soit environ 10 %”. Autre problème : l’attractivité. Le Cesec veut donc attirer les jeunes. Il demande des formations en alternance, le retour des “vulgarisateurs” et la remise en état des laboratoires de recherche. Demande d’un délégué interministériel à la souveraineté alimentaire Le Cesec a également évoqué les aires marines protégées. En effet, les professionnels de la pêche s’inquiètent de leur efficacité réelle sur la ressource. Au niveau de l’AMP marquisienne, par exemple, les pêcheurs prennent plus de thon blanc et moins de thon rouge, destiné à l’export. Les flottes se replient alors vers les Australes. Le rapport demande en conséquence des concertations larges et des données scientifiques solides. Le Cesec veut donc mieux organiser les filières : regroupements d’agriculteurs, transformation locale, valorisation des 3 500 tonnes de sous-produits du port de pêche rejetées en mer. Il demande également une Appellation d'origine protégée pour la perle, une Indication géographique protégée pour la vanille de Tahiti et une Indication géographique pour le rhum. Des filières d’autant plus importantes puisqu’elles font vivre des milliers de familles des îles. Lors des débats, un conseiller a regretté l’oubli du crabe profond des Marquises. Les rapporteurs ont reconnu être passés à côté et renvoyé à la recommandation sur la recherche marine. Christophe Plée, de son côté, a visé les politiques passées : “Pendant vingt ans, l’agriculture a été le ministère pauvre de tous les gouvernements”. Il demande aussi que la pertinence des aides soit revue. Pour lui, “ça serait utopiste de se dire qu’on aura l’autonomie alimentaire”, mais “on peut améliorer beaucoup de choses”. Isabelle Trebucq a insisté sur la santé en rappelant qu’“avec ce sujet-là, on est vraiment dans la prévention” et le climat en relevant que l’agriculture devrait anticiper les changements pour “ne pas se retrouver au pied du mur”. Le climat est d’ailleurs au cœur d'une recommandation qui demande de modifier la convention de Montego Bay, convention des Nations unies sur le droit de la mer, pour que les pays touchés par la montée des eaux gardent leurs droits sur leur patrimoine marin. Pour le Cesec, “la souveraineté alimentaire a un coût qu’il convient d’assumer collectivement”. Ce n’est pas une charge, mais un investissement pour l’emploi local et la sécurité du Pays. Pour que cette politique ne soit plus éclatée, le projet demande même un délégué interministériel à la souveraineté alimentaire. Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

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