Un quartier pour mineurs en projet à Nuutania
Tahiti, le 3 octobre 2026 – Pour son passage éphémère au Fenua, le garde des Sceaux est venu avec son lot d’annonces : celles d’un projet de quartier pour mineurs à la prison de Faa’a et de l’envoi de “renfort” pour la magistrature, la police et la gendarmerie. Gérald Darmanin a fait un touch and go au Fenua. Arrivé samedi matin il est reparti dimanche. Un court séjour de 24 heures qu’il présente comme “un signe de respect pour les Polynésiens” . D’autant que, explique-t-il, 70 % des lauréats aux concours de la pénitentiaire sont des ultramarins, dont un quart de Polynésiens. “Donc je suis le ministère qui recrute, qui forme et qui accompagne le plus de Polynésiens.” “Une deuxième prison sur le site de Faa’a” Le garde des Sceaux, a annoncé qu’il y aura une “une deuxième prison sur le site de Faa’a”. Nuutania, a-t-il expliqué, est la seule prison de France où “les enfants sont emprisonnés, avec des adultes”. Il a donc annoncé la construction d’ici 2028 d’un “quartier de courtes peines, pour y mettre les mineurs” . “ Le début des crédits est dans le budget que nous allons présenter au Parlement la semaine prochaine”, a-t-il dit. Dans ce cadre, dix postes supplémentaires de surveillants pénitentiaires seront créés d’ici 2028. Ler garde des Sceaux a en outre annoncé du “ renfort” dans les effectifs de la magistrature en Polynésie française. Et pour faciliter l’intégration de Polynésiens dans la magistrature, le garde des Sceaux a aussi annoncé la création d'une classe prépa-talents à Papeete, en lien avec l'Université pour éviter que les candidats ne doivent passer les concours de la fonction publique d’État, y compris ceux de la magistrature, en France hexagonale. Avant de venir en Polynésie, le garde des Sceaux a rencontré les deux sénateurs, Lana Tetuanui et Édouard Fritch à Paris. Il a assuré samedi n’avoir “aucun rendez-vous politique” au Fenua, à l’exception d’un entretien avec le nouveau tāvana de Papeete, Rémy Brillant, et d’une visite au maire de Bora Bora, Gaston Tong Sang, “par amitié” . Les violences intrafamiliales dans le collimateur Dans le cadre de la lutte contre la violence faites aux femmes et aux enfants, Gérald Darmanin a annoncé le renforcement des effectifs de la police, de la gendarmerie en plus de nouveaux magistrats. “ Les affaires de viols et de violences sexuelles sur enfants, il y en a beaucoup en Polynésie (…). Nous devons, avec les policiers et les gendarmes, permettre à chaque femme, à chaque enfant, qui dépose plainte, d'être suivie, comme partout sur le territoire national.” En novembre 2025, la député Nicole Sanquer avait interpellé le garde des Sceaux sur la création d’un fonds dédié aux collectivités pour la lutte contre les drogues et notamment la méthamphétamine. Gérald Darmanin avait proposé de “réattribuer” les saisies aux associations, au gouvernement, ou à la collectivité locale via l’Agence de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). Mais pour bénéficier de cette manne, il faut monter des dossiers, précise le garde des Sceaux. “Je crois qu'il n'y en a aucun qui a été déposé, malgré la transformation de la loi.” Il a rappelé ainsi que les saisies et confiscation de matériel ou d’argent faites dans le cadre des affaires de trafic de stupéfiants pouvaient revenir aux Polynésiens, au lieu d’être “envoyées en Hexagone” . Frédéric Benet-Chambellan, Procureur général de Papeete “Les magistrats, les fonctionnaires se sont exprimés” “C'était surtout le moment où chacun voulait exprimer le travail qu'il rendait au service du territoire polynésien (…). Les magistrats, les fonctionnaires se sont exprimés et ont vraiment transmis au ministre quelque chose de très fort sur leur attachement au travail et le concret du quotidien de ce qu'est un juge, un greffier, un fonctionnaire de justice dans ce territoire. On a parlé au garde des Sceaux de la question de l'immobilier. On lui a montré l'autre côté du tribunal pour les projets d'avenir. On a effectivement un projet d'extension immobilière (…) qui est encore un projet sur plan, si je puis dire, et qui n'est pas encore financé par le ministère de la Justice. Le ministre était au courant de ce projet et on attendra l'année prochaine pour voir les suites concrètes (…). Actuellement, il y a une certaine densité pour les magistrats et les fonctionnaires dans le tribunal, c'est certain (…). Mais il y a plusieurs possibilités pour y remédier. Le ministre a rappelé qu'il avait certains objectifs en termes de nomination et en particulier pour le renforcement du parquet. Il en a parlé sans qu'on ne lui ait posé la question et donc a priori les choses suivent leur cours. On aura des nouvelles bientôt. On pourra dès lors en parler plus officiellement.” Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti